CfP/CfA Veranstaltungen

Le corps punk (1976-2016)

Deadline Abstract
31.01.2020
Deadline Beitrag
06.06.2020

Si la question de la corporéité est éminemment sensible dans la culture punk, c’est parce qu’elle fait référence aussi bien aux pratiques musicales qu’aux styles de vie, en passant par les imaginaires entourant ce mouvement. Cet appel à communications vise à interroger le « corps punk » dans ses diverses facettes, aussi bien du côté des musiciens que du public. Dans la continuité d’une journée d’étude PIND portant sur les cultures visuelles et esthétiques du punk (septembre 2017) qui a abordé une partie de ces réflexions, trois grands axes peuvent être délimités : l’entretien du corps, le style de vie et ses répercussions corporelles et enfin, les techniques du corps et sa mise en jeu.

En premier lieu, il s’agit d’appréhender le corps punk en lien avec les performances scéniques (physique, vocale, etc.) des musiciens. Cette approche est peu formalisée dans les travaux portant sur la culture punk. Pourtant, de la même manière que le corps sportif est soumis à une préparation physique et mentale, le corps punk implique aussi une dépense énergétique qui lui est propre. Quelles stratégies de préparation physique sont-elles mises en œuvre par les musiciens ? Observe-t-on des écarts entre les professionnels et les amateurs ? Quels discours sur l’hygiène de vie entourent les pratiques ? Les blessures (entorses, tendinites, etc.) liées à la pratique musicale sont-elles fréquentes ? Comment sont-elles gérées par les acteurs et quelles réponses physiologiques et biomécaniques peuvent être observées ? Sur ces questions, quelles connaissances scientifiques les musiciens ont-ils de leur corps ? L’entretien du corps fait aussi écho à la nécessité d’en « prendre soin » (ou non), car celui-ci est un outil (de travail [Brohm, 2001]). Sur le long terme, apparaît également la question de l’évolution des pratiques d’entretien du corps, entre les débuts et les fins de carrières, par exemple. Plus largement, cette thématique de l’entretien physique du corps semble faire écho à une forme de mètis (Schwint, 2002), entendue comme l’intelligence corporelle, voire ici, une « intelligence punk » (Roux, 2017). Ainsi, comment les musiciens apprennent-ils, notamment lors des tournées, à gérer la fatigue, le stress, etc. ?

En second lieu, le corps punk renvoie également à un (ou des) mode(s) de vie, qui concerne (nt) aussi bien les musiciens que le public. En tant que sous-culture (Hebdige, 2008), le punk implique des façons d’être au quotidien et des styles de vie (lifestyle) bien spécifiques. Comment ceux-ci se traduisent-ils dans les corps ? Cet axe tend à interroger aussi bien les pratiques de scène que la consommation d’alcool ou de drogues, en particulier en suivant les transformations diverses du mouvement (du Sex, drugs & rock’n’roll au straight edge). Mais il convient aussi de s’intéresser aux activités physiques et sportives des acteurs de la scène, musiciens ou non. Celles-ci sont-elles liées à leur hygiène de vie ? Par exemple, quels peuvent être les loisirs sportifs des punks ? Qu’en est-il, dans cette continuité, des modes de déplacements utilisés et/ou valorisés (le cyclisme est ainsi largement à l’honneur dans les chansons des Wampas). Des liens peuvent sans doute être tissés avec d’autres sous-cultures (glisse urbaine, surf, etc.) mais aussi avec des pratiques de masse (football) et sont à mettre en lumière. En outre, une attention peut être portée aux modifications corporelles (piercings, tatouages, etc.). Au-delà, le style de vie questionne des pratiques qui seraient typiquement punk, en lien avec des manières de voir le monde. Une dimension comparative (entre pays) permettrait, par ailleurs, de mieux comprendre les spécificités de la scène punk française. 

Enfin, le dernier axe met l’accent sur la mise en jeu des corps dans l’espace-temps des concerts. Musique vivante, le punk l’est aussi (et surtout) à travers l’utilisation faite du corps dans la fosse. Les danses (pogo, slam), par exemple, répondent à des normes et des codes, et fournissent un cadre rituel aux soirées punk. Comment le pogo (Robène, Roux et Serre, 2019) devient-il une pratique physique ? Quelles sont les stratégies (avant et pendant) mises en place par les acteurs pour préserver leurs corps (blessures, coups, etc.) ? En écho, la thématique du vieillissement peut être soulevée : comment l’avancée en âge se traduit-elle les soirs de concert, pour le public comme pour les musiciens ? Cette thématique permet aussi de questionner l’esthétisme de la scène punk : entre crêtes et T-shirts de groupes, quels sont les signes de reconnaissance qui traduisent une (ou des) identité(s) punk(s) ?

Les communications pourront aborder l’une ou l’autre de ces thématiques, selon des approches en sciences humaines et sociales (sociologie, anthropologie, histoire, etc.) mais aussi en sciences de la vie (physiologie, biomécanique, etc.).

Les propositions de communications (une vingtaine de lignes accompagnées d’une bibliographie) sont à envoyer avant le 31 janvier 2020 aux adresses suivantes:

audrey.tuaillon-demesy@univ-fcomte.fr et solveig.serre@gmail.com.

La journée aura lieu le 6 juin 2020 à Paris (FGO Barbara Fleury).

Reponsables de la journée: Laurent Grün, Audrey Tuaillon Demésy, Christophe Pécout, Luc Robène et Solveig Serre

Quelle der Beschreibung: Information des Anbieters

Forschungsgebiete

Literatur des 20. Jahrhunderts, Literatur des 21. Jahrhunderts
Punk

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Ansprechpartner

Adressen

Paris
France
Datum der Veröffentlichung: 04.11.2019
Letzte Änderung: 04.11.2019