CfP/CfA Veranstaltungen

La communauté littéraire : l’enjeu entre humanité et écriture (Congrès APFUCC, en ligne)

Beginn
29.05.2021
Ende
01.06.2021
Deadline Abstract
15.12.2020

Congrès des sciences humaines 2021 (colloque de l'APFUCC)

Université de l’Alberta, Edmonton, Canada (exclusivement en ligne)

29 mai - 1er juin 2021

 

ATELIER 9

La communauté littéraire : l’enjeu entre humanité et écriture

La communauté est un lieu de rencontre et de dispute, une agora où se croisent les différences et où l’on se laisse emporter par l’attraction de terrains inconnus : elle se dessine ainsi comme l’occasion de repenser la relation entre le soi et l’autre, à partir d’une proximité et d’un éloignement qui marquent le refus d’appropriation de l’identité individuelle de ses membres, grâce à une dimension collective. Communauté signifie aussi réfléchir sur le personnel de l’écriture qui s’insère dans le monde commun de sa réception, entre une connaissance de soi-même et une coprésence de l’autre avec le soi de l’écrivain. Il s’agit, dans notre cas, de questionner la manière par laquelle la littérature et l’écriture sont capables de faire communauté et de créer un monde marqué de l’empreinte d’une parole commune. Si Gilles Deleuze écrit que « la santé comme littérature, comme écriture, consiste à inventer un peuple qui manque » (Critique et clinique, p. 14), ce « peuple » se forme sous les yeux des lecteurs lorsque l’on considère l’écriture comme un échange vital de communication au sein de l’humanité. C’est pourquoi il sied de s’interroger sur les modalités selon lesquelles la littérature permet l’expérience de la communauté, étant donné qu’une pensée absolutiste et son idéalisation de la communauté sont à exclure, vu que sa nature peut prendre des aspects différents selon les circonstances historiques, géographiques et sociales. En outre, ce thème est à considérer comme une ressource permettant d’étudier l’humain dans ses relations d’accueil, de partage et de confrontation autour de l’écriture, de plus en plus nécessaires dans une époque qui privilégie l’individualisation, l’exclusion et la discrimination. L’écriture offre une capacité de se resserrer autour du « commun » tout en conservant les différences qui en valorise la singularité dans le « partage du sensible » (Jacques Rancière, Le Partage du sensible) à travers l’activité individuelle et collective du langage, à savoir par l’acte d’écriture grâce à sa destination à un inconnu, et par la lecture et l’interprétation d’un récit qui clarifient la dimension d’écrire avec. Il s’agit ainsi de réfléchir autour du concept et des expériences de communauté par le biais de l’écriture qui permet de penser et de décrire le commun.

Le concept de communauté donne lieu aujourd’hui à différentes tractations et narrations, souvent entremêlées et complétées par les champs politique et philosophique. D’un côté théorique : les études sur le vivre ensemble (Roland Barthes), sur la différance au sein de l’écriture (Jacques Derrida) et sur la co-énonciation (Pierre Ouellet) ou, encore, le désœuvrement de la communauté (Jean-Luc Nancy), l’exposition au dehors (Maurice Blanchot) et ses conséquences politiques (Philippe Lacoue-Labarthe). D’un côté narratif : la communauté des mortels (Georges Bataille), la littérature de terrain (Dominique Viart), l’écriture comme expression d’une communauté déterminée par laquelle un récit prend corps, la littérature visée comme outil (Leslie Kaplan) ou la poétique s’ouvrant à la venue du « nous » communautaire (Jean-Christophe Bailly). Ces exemples ne sont qu’une partie des questions qui débouchent aujourd’hui sur le thème de la communauté, au croisement des problématiques d’identité et d’altérité, de l’appartenance et de l’abandon, auxquelles il faudra ajouter les questions des communautés territoriales et des organismes composés. Ce que nous souhaitons dessiner est un portrait hétéroclite qui puisse mettre en relief les multiples nuances de cette catégorie narrée et vécue à travers l’acte d’écriture, afin de montrer que l’humain est tel par et dans des liens vitaux d’échange. La communauté offre la possibilité de repenser le « nous », voire de le « dire », à partir d’une forme expressive vécue, car la parole littéraire, en communauté ou lorsqu’elle traite ce thème, s’ouvre vers l’excédent du monde qui l’entoure et le retranscrit pour une destination universelle au-delà des barrières géographiques, sexuelles, raciales et autres qui, de plus en plus, nous sont imposées.

Les lignes que nous donnons ne sont qu’indicatives et n’ont pas pour finalité de limiter les contributions, en se voulant, au contraire, les plus ouvertes possible afin de concevoir des idées et des formes de communauté dans le monde de la francophonie. Cet atelier privilégiera ainsi des propositions qui traitent des théories et des narrations portant sur la communauté, à partir d’œuvres littéraires, et sur ses possibles interactions philosophiques, artistiques, théâtrales et cinématographiques.

Axes de réflexion non exhaustifs :

  • Théories de la communauté littéraire
  • Narration et fiction dans le récit communautaire
  • Communauté, pouvoir et sociabilité 
  • La communauté littéraire et ses interactions avec d’autres formes communautaires
  • La communauté, l’identité et l’altérité de l’écrivain dans la communauté
  • Altérité comme altération dans les échanges communautaires
  • Appartenance, intégration et exclusion de ou dans la communauté
  • Limites de la communauté et ses ruptures
  • L’écriture à signatures multiples
  • Les lieux communautaires d’écriture
  • Les outils narratifs comme lieu communautaire  
  • Communauté et espaces ouverts de création
  • La communauté utopique
  • La notion de communauté et ses applications actuelles

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Responsable de l’atelier :

Domenico Cambria, Institut Catholique de Paris, dcambria@libero.it

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Les propositions (250-300 mots) sont à envoyer au plus tard le 15 décembre 2020 au responsable de l’atelier.

Suite à la décision de la Fédération des Sciences humaines de tenir le Congrès de 2021 exclusivement en ligne, l’APFUCC a confirmé sa participation virtuelle au Congrès. 

Les personnes ayant soumis une proposition de communication recevront un message du responsable de l’atelier avant le 15 janvier 2021 les informant de sa décision. L’adhésion à l’APFUCC est requise pour participer au colloque. Il est également d’usage de régler les frais de participation au Congrès des Sciences humaines ainsi que les frais de conférence de l’APFUCC. Ils doivent être réglés avant le 31 mars 2021 pour bénéficier des tarifs préférentiels. La date limite pour régler les frais de conférence et l’adhésion est le 9 avril 2021 au-delà le titre de votre communication sera retiré du programme. Vous ne pouvez soumettre qu’une seule proposition de communication pour le colloque de 2021. Toutes les communications doivent être présentées en français (la langue officielle de l’APFUCC). 

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Bibliographie

Astruc, Rémi, Nous ? L’aspiration à la communauté et les arts, Versailles, RKI Press, 2015.

Bailly, Jean-Christophe, L’élargissement du poème, Paris, Bourgois éditeur, 2015.

Barthes, Roland, Comment vivre ensemble, Paris, Seuil / IMEC, 2002.

Bataille Georges, L’expérience intérieure, Paris, Gallimard, 1978.

Blanchot, Maurice, La communauté inavouable, Paris, Minuit, 1983.

Derrida, Jacques, L’écriture et la différence, Paris, Seuil, 1967.

Guillot, Céline, Inventer un peuple qui manque : que peut la littérature pour la communauté ?, Dijon, Les presses du réel, 2013.

Kaplan, Leslie, Les Outils, Paris, P.O.L, 2003.

Nancy, Jean-Luc, La communauté désœuvrée, Paris, Bourgois éditeur, 1999.

Ouellet, Pierre (éd.), Politique de la parole. Singularité et communauté, Montréal, Trait d’union, 2002.

Rancière, Jacques, Le Partage du sensible, Esthétique et politique, Paris, La Fabrique, 2000.

Quelle der Beschreibung: Information des Anbieters

Forschungsgebiete

Literaturtheorie, Literatur und Kulturwissenschaften/Cultural Studies
Gemeinschaft ; Literatur

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Einrichtungen

University of Alberta

Adressen

Edmonton
Kanada
Datum der Veröffentlichung: 20.11.2020
Letzte Änderung: 20.11.2020