CfP/CfA Veranstaltungen

Traduire la performance / performer la traduction

Beginn
12.12.2019
Ende
14.12.2019
Deadline Abstract
02.09.2019

[for the English version of this call for papers, scroll down]

Colloque international « Traduire la performance / performer la traduction »

EUR ArTeC

12-13-14 décembre 2019

Lieu : Le colloque se déroulera aux laboratoires d’Aubervilliers, lieu d’expérimentation artistique et sociale, et lieu de création contemporaine.

Laboratoires d’Aubervilliers

41 Rue Lécuyer, 93300 Aubervilliers

Sur la ligne 7 du métro parisien

Organisateurs :

Vincent Broqua (Université Paris 8/ TransCrit), Celia Bense (Université Paris 8/ UMR 7217 CRESPPA), Marie Nadia Karsky (Université Paris 8/ TransCrit), co-porteurs du projet EUR ArTeC « Traduire la performance / performer la traduction », Marion Blondel et Fanny Catteau (UMR 7023 SFL) et Clothilde Roullier (Archives nationales).

Domaines : traduction et traductologie, performance, performance poétique, théâtre, arts du spectacle, archives, sociologie de la performance, recherche création

Les langues du colloque sont : la LSF, l’anglais et le français

Au terme de trois années de travail scientifique et de recherche artistique, le projet EUR ArTeC « Traduire la performance / performer la traduction » organise un colloque international de clôture. Par des méthodes de recherche et de recherche-création, ce projet de recherche a mis en question ce que la traduction fait à la performance et ce que la performance fait à la traduction dans les langues vocales comme les langues des signes.

En effet, si la traduction est performance dans le sens où, comme le dit Arno Renken, elle consisterait en « l’événement d’une étrangeté » (Babel heureuse 14), alors comment la performance interroge-t-elle la traduction et vice-versa ? Nous entendons comme traduction, la production d’une écriture qui tend à résoudre la contradiction d’un rapport entre deux langues en l’orientant dans une direction (Meschonnic 1999). La traduction est conçue comme un objet dynamique résultant de confrontations littéraires, culturelles et sociales continues. Pour ce colloque, nous entendrons le mot « performance » d’abord dans le sens artistique. Si Sandra Bermann a parfaitement montré les entrecroisements fructueux entre performance et performativité, si Mieke Bal a analysé le brouillage de ces deux notions, il sera moins question pour ce colloque de performativité de la langue ou de « la ‘performance’ […] comme toute activité d’un participant donné dans un moment donné qui influence de quelque façon que ce soit n’importe lequel des participants » (Goffman), ou même de l’extension très large que Schechner donne au mot, allant du rituel au sport, en passant par l’agentivité du genre, de la race. Parce que ces liens sont désormais bien établis et sans que les questions de performativité soient exclues, nous avons souhaité remettre les formes artistiques dans un continuum qui va de la représentation théâtrale à la performance poétique. En effet, de nouvelles façons de pratiquer la traduction s’imposent dans les écritures de la performance et les frontières entre les formes artistiques s’en trouvent remises en cause, d’autant plus depuis l’utilisation de nouvelles technologies. Il s’ensuit une double transformation : les processus de traduction et la place du traducteur sont affectés, mais la création même des œuvres est bouleversée, interrogeant jusqu’aux questions liées aux archives des traducteurs et des théâtres, c’est-à-dire à l’archive dans une tension avec l’inarchivable.

Pour le dire rapidement, dans un premier temps, si traditionnellement la traduction est encore souvent ancillaire et secondaire à la pièce de théâtre et à la performance, et si on a longtemps fait disparaître la présence du traducteur, de la traduction et des processus d’interaction évidents entre création et traduction, les nouvelles technologies, et la réflexion des translation studies sont venues brouiller les idées reçues. Cette réflexion se renouvelle également par la recherche-action en langue des signes qui repose la question de la spatialité de la performance de la traduction ainsi que de la tension entre la traduction comme création et la traduction comme accessibilité, ou encore de l’inclusion des processus collaboratifs de traduction. C’est à une véritable démultiplication des possibilités et des questions que nous confrontent ces nouveaux phénomènes qui s’affirment et sont le lieu d’une recherche artistique vive dans l’interaction des disciplines.

Ce colloque se propose donc de mettre en débat les méthodologies, écritures et bouleversements entraînés par la pensée de la rencontre entre performance et traduction. Ainsi, qu’advient-il de la performance en traduction et du traducteur en tant que sujet ? En quoi la pensée de l’interaction entre traducteur et performance crée-t-elle un troisième objet ? Comment les méthodologies de création et de la recherche en traduction et en performance sont-elles modifiées ?

Nous attendons des propositions d’interventions scientifiques et pratiques, ainsi que des propositions créatives autour des sujets suivants, non exclusifs d’autres :

- Autour de la langue des signes et de la performance poétique, on s’intéressera à traduire « ce que fait » le poème (Meschonnic) ou la performance théâtrale : quelle prise en compte du public et de ses éventuelles spécificités ? La traduction est-elle conçue comme une façon de rendre l’œuvre accessible ? ou de la re-créer ? ou de proposer autre chose ?

- On prendra également en compte les questions de la temporalité de la traduction dans la performance. Ainsi, comment met-on en scène la traduction dans le déroulé séquentiel de la performance : en simultané ? en intercalé ? en consécutif ? Quelles inventions et quelles hybridations ? Enfin la trace écrite, filmée et ses rôles dans la conception, la stabilisation, la diffusion de l’œuvre traduite seront également pensées.

- On pourra également s’interrroger sur la performance des archives et en particulier sur les archives de traducteurs ou de toute archive qui met en jeu la traduction : on pensera aux archives de traducteurs, aux archives des théâtres ou de performeurs, ou encore à l’archivage des processus de traduction à l’époque des nouveaux médias, notamment l’archive de la traduction de la e-literature ; seront également mises en débat les questions de la nature inarchivable de l’éphémère et des stratégies mises en œuvre pour l’archiver néanmoins, ou encore les questions des modalités de la performance appliquée aux archives, c’est-à-dire d'activation des archives pour le public.

- En poésie de la performance comme pour les arts du spectacle dont le théâtre, on s’interrogera sur les manières de performer la traduction ; mais aussi sur la façon dont la traduction est devenue un objet de performance ; on pensera aux spécificités de la performance poétique, de la performance théâtrale et de la performance plus largement dans des contextes de traduction. Le corps du lecteur, les temporalités de la traduction sur scène, les outils et les formes mises en jeu dans la traduction performée, l’interaction entre auteur, performeur, spectacteurs, les antagonismes possibles qu’elle fait naître.

- En effet, ce sont aussi des questions sociologiques qui intéressent ce colloque : Qu’est-ce que la performance fait aux traducteurs en tant que groupe professionnel ? (qui sont ceux qui la pratique, comment travaillent-ils ? (quelles sont les formations, compétences, outils, réseaux et modalités d’interaction mobilisées ?) Qu’est-ce que la performance fait aux processus et produits traductifs ? Qu’est-ce que la traduction fait aux performeurs en tant que groupe professionnel ? (qui sont ceux qui pratique la traduction, comment travaillent-ils ? quelles sont les formations, compétences, outils, réseaux et modalités d’interaction mobilisées ?) Qu’est-ce que la traduction fait aux processus et produits de performance ? Comment l’étude de ces deux groupes et approches agit-elle sur les méthodes sociologiques ?

Les propositions d’intervention de 300 mots ainsi qu’une courte biographie de/des intervenants doivent être envoyées pour le 2 septembre 2019 à performingtranslation2019@gmail.com, une réponse sera donnée avant la fin septembre.

Références :

Auslander, Philip, From Acting to Performance : Essays in Modernism and Postmodernism, Routledge, 1997.

—, Performance : Critical Concepts in Literary and Cultural Studies, Routledge, 2003.

Bal, Mieke, Traveling Concepts, U Toronto Press, 2002.

Bermann, Sandra, « Performing Translation », in Sandra Bermann et Catherine Porter, A Companion to Translation Studies, Wiley Blackwell, 2014, p. 285-297.

Bernstein, Charles. Close Listening : Poetry and the Performed Word, OUP, 1998.

Carlson, Marvin, Performance. A Critical Introduction, Routledge, 2006 (1996).

—, Places of Performance. The Semiotics of Theatre Architecture, 1989.

Goffman, Erving, La Présentation de soi. La Mise en scène de la vie quotidienne I, Tr. Alain Accardo. Editions de Minuit, Collection Le sens commun, 1973.

Johnson, Dominic, Critical Live Art Contemporary Histories of Performance in the UK, Routledge, 2013.  

Marinetti, Cristina, Translation and theatre: From performance to performativity in Translation in the Theatre. Special issue of Target 25:3 (2013), Edited by Cristina Marinetti.  [Target, 25:3], 2013, p. 307–320.

Meschonnic, Henri, Poétique du traduire, Verdier, 1999.

—, « Traduire ce que les mots ne disent pas, mais ce qu'ils font » Meta : journal des traducteurs, 40-3, 1995, p. 514–517.

Pavis, Patrice, Dictionnaire de la performance et du théâtre contemporain, Armand Colin, 2014.

Renken, Arno. Babel Heureuse. Van Dieren, 2012.

Schechner, Richard, Performance Studies. An Introduction, Routledge, 2002.

Sell, Mike, ed, Avant-Garde performance and Material Exchange Vectors of the Radical, Palgrave Macillan, 2011.

-- ENGLISH VERSION OF THE CFP --

International Conference "Translating Performance / Performing Translation"

EUR ArTeC

December 12-13-14, 2019

Location: The conference will be held in Laboratoires dAubervillers, an art center focusing on experimentation and social practices as well as live creation.

Laboratoires d'Aubervilliers

41 Rue Lécuyer, 93300 Aubervilliers

on line 7 of the Parisian métro

   

Organizing committee:
Vincent Broqua (Université Paris 8/ TransCrit), Celia Bense (Université Paris 8/ UMR 7217 CRESPPA), Marie Nadia Karsky (Université Paris 8/ TransCrit), co-porteurs du projet EUR ArTeC « Traduire la performance / performer la traduction », Marion Blondel et Fanny Catteau (UMR 7023 SFL) et Clothilde Roullier (Archives nationales).

Fields: translation and translation studies, performance, poetic performance, theater, performing arts, archives, sociology of performance, creative research

The languages of the conference are: French sign language, English and French

At the end of three years of scientific work and artistic research, the EUR ArTec project "Translating Performance / Performing Translation" is organizing a concluding international conference. Through research methods and research-creation, this research project has questioned what translation does to performance and what performance does to translation in both vocal languages and sign languages.

If translation is indeed performance insofar as, in the words of Arno Renken, translation entails "the event of a foreignness" ("l'événement d'une étrangeté", Renken 14), then how does performance ask questions about translation and vice versa? We see translation as the production of writing that aims to resolve the contradiction of a relationship between two languages by guiding it in one direction (Meschonnic 1999). Translation is conceived of as a dynamic object resulting from ongoing literary, cultural and social confrontations. For this conference, we will first interpret the word "performance" in an artistic sense. If Sandra Bermann perfectly demonstrated the fruitful intertwining of performance and performativity, if Mieke Bal analyzed the blurring of these two notions, for this conference it will be not so much a question of the performativity of language or of " ‘performance’ […] defined as all the activity of a given participant on a given occasion which serves to influence in any way any of the participants " (Goffman 1973), or even of the very broad expansion that Schechner (1988) gives to the word, going from rituals to sports, by way of agency, gender and race. Because these links are now well-established, and without excluding questions of performativity, we have sought to consider art forms in a continuum that ranges from theatrical performance to poetic performance. New ways of practicing translation have gained ground, especially for performance poetry, and the borders between artistic forms end up being called into question, especially since the use of new technologies. A dual transformation ensues: the processes of translation and the place of the translator are affected, creation of the works themselves is disrupted, going so far as to examine questions linked to translators' and theaters' archives, that is, to the archive in tension with the unarchivable.

To put it briefly, first of all, if translation is traditionally still often ancillary and secondary to the play or performance, and if the presence of the translator, the translation and obvious processes of interaction between creation and translation have often been made invisible, new technologies and translation studies have come to muddle received ideas. This consideration is also renewed by research-action in sign language, which comes back to the question of the spatiality of the performance of translation as well as the tension between translation as creation and translation as accessibility, and also the inclusion of collaborative translation processes. These new phenomena, which have been upheld and are the site of lively artistic research into the interaction of disciplines, bring us face to face with a genuine proliferation of possibilities and questions.

This conference therefore proposes to discuss methodologies, writings and disruptions brought about by thought on the encounter between performances. What happens to performance in translation and to the translator as subject? In what way does thought on the interaction between translator and performance create a third object? How are research and creation methodologies in translation and in performance modified?

We anticipate proposals for theoretical and applied contributions as well as creative contributions related, but not limited, to the following subjects:

- On the subject of sign language and poetic performance, we are interested in translating what the poem or theatrical performance "does" (Meschonic): how are the audience and its potential specificities considered? Is translation conceived of as a way of making the work accessible? Or of recreating it? Or of offering something else?

- We will also take into account questions about the temporality of translation in performance. How does one stage translation in the sequential unfolding of performance: simultaneously, through insertion, or after the fact? What about inventions and hybridizations? Finally, the written or filmed trace and its role in the conception, stabilization and diffusion of the work will be thought about.

- One could also think about the performance of archives and in particular translator's archives or any archive that brings translation into play: we will think about translators' archives, theaters' and performers' archives, and also the archiving of translation processes in the age of new media, especially the archive of e-literature translation; questions of the unarchivable nature of the ephemeral and strategies implemented for its archiving will be up for discussion, and also questions as to how archives are performed, i.e. how they are activated for the public.

- For performance poetry as well as performing arts including theater, we will consider ways of performing translation; but also ways in which translation has become an object of performance; we will think about the specificities of poetic performance, of theatrical performance and of performance more broadly in contexts of translation. The reader's body, temporalities of on-stage translation, the tools and forms that are put into play in performed translation, interactions between author, performer and spectators, and the possible antagonisms that they give rises to.

- This conference is also interested in sociological questions: what does performance do to translators as a professional group? (Who practices it? How do they work? (What training, expertise, tools, networks and modalities of interaction are drawn on?) What does performance do to translative processes and products? What does translation do to performers as a professional group? (Who practices translation? How do they work? (What training, expertise, tools, networks and modalities of interaction are drawn on?) What does translation do to processes and products of performance? How does the study of these two groups and approaches have an effect on sociological methods?

300-word proposals for contributions as well as a short biography of the participant(s) should be sent by September 2, 2019 to performingtranslation2019@gmail.com, responses will be given before the end of September.

   

References:

Auslander, Philip, From Acting to Performance : Essays in Modernism and Postmodernism, Routledge, 1997.

—, Performance : Critical Concepts in Literary and Cultural Studies, Routledge, 2003.

Bal, Mieke, Traveling Concepts, U Toronto Press, 2002.

Bermann, Sandra, « Performing Translation », in Sandra Bermann et Catherine Porter, A Companion to Translation Studies, Wiley Blackwell, 2014, p. 285-297.

Bernstein, Charles. Close Listening : Poetry and the Performed Word, OUP, 1998.

Carlson, Marvin, Performance. A Critical Introduction, Routledge, 2006 (1996).

—, Places of Performance. The Semiotics of Theatre Architecture, 1989.

Goffman, Erving, The Presentation of Self in Everyday Life, Penguin, 1990 (1959).

Johnson, Dominic, Critical Live Art Contemporary Histories of Performance in the UK, Routledge, 2013.  

Marinetti, Cristina, Translation and theatre: From performance to performativity in Translation in the Theatre. Special issue of Target 25:3 (2013), Edited by Cristina Marinetti.  [Target, 25:3], 2013, p. 307–320.

Meschonnic, Henri, Poétique du traduire, Verdier, 1999.

—, « Traduire ce que les mots ne disent pas, mais ce qu'ils font » Meta : journal des traducteurs, 40-3, 1995, p. 514–517.

Pavis, Patrice, Dictionnaire de la performance et du théâtre contemporain, Armand Colin, 2014.

Renken, Arno. Babel Heureuse. Van Dieren, 2012.

Schechner, Richard, Performance Studies. An Introduction, Routledge, 2002.

Sell, Mike, ed, Avant-Garde performance and Material Exchange Vectors of the Radical, Palgrave Macillan, 2011.

Quelle der Beschreibung: Information des Anbieters

Forschungsgebiete

Literatur und andere Künste, Übersetzung allgemein, Übersetzungstheorie
Performance Studies ; Theaterwissenschaften

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Einrichtungen

Les Laboratoires d'Aubervilliers

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41 Rue Lécuyer
93300 Aubervilliers
France
Datum der Veröffentlichung: 12.07.2019
Letzte Änderung: 12.07.2019